Formation continue des artisans, attention danger en vue pour le CPF ?

Les entreprises artisanales de France ne peuvent plus aujourd’hui accéder à la formation continue. La situation est ubuesque, mais elle appelle l’attention des autorités publiques, qui doivent tout faire pour ce ces dysfonctionnements ne se reproduisent pas pour la montée en puissance du CPF.

Quand la formation continue des artisans pose problème, une menace bien réelle !

Ce n’est pas faute de connaitre le problème, mais depuis le 15 mars le Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanale (Fafcea) n’assure plus le financement des formations continues des artisans. Ces derniers alertent les autorités publiques depuis des mois, et pourtant, la situation est devenue ingérable. Pour comprendre ce fiasco de la formation professionnelle des artisans, il faut remonter quelques mois en arrière. Depuis le 1er janvier 2018, les cotisations servant au financement de cette formation continue ne sont plus prélevées par les URSAFF mais directement par la Direction générale des finances publiques (DGFIP). Ce simple transfert a été mal préparé et n’a pas fait l’objet d’une anticipation suffisante. 170.000 entreprises cotisantes ont donc purement et simplement disparu de la liste des artisans. Cette impréparation a impliqué une chute dramatique des fonds devant permettre la formation continue des artisans : de 72 millions d’euros, les fonds récoltés sont passés à 33.8 millions d’euros en 2018, ce qui explique cette cessation de paiement.

Formation professionnelle et CPF, un écosystème à protéger et à renforcer

Si la nouvelle loi renforçant les dispositifs du CPF pour les salariés a souligné à quel point les autorités publiques voulaient croire aux innombrables atouts de la formation continue en France, la situation apparaissait pourtant toute aussi importante concernant les artisans. Les entreprises artisanales ont-elles-aussi besoin de formations adaptées à leurs besoins spécifiques. Et parfois, ces formations professionnelles sont indispensables pour permettre à ces entreprises artisanales de maintenir et de poursuivre leur activité. On pense bien évidemment aux formations informatiques dans le domaine de l’artisanat, ou encore aux formations continues liées à la sécurité et à la législation pour les entreprises artisanales du bâtiment. Ne pas pouvoir suivre ces formations continues constitue, dans certains cas, une menace pour la survie de l’activité.

En ne pouvant plus assurer le financement de ces formations professionnelles, le Fafcea place certains professionnels dans l’embarras, mais cette situation plonge aussi tout un écosystème dans la difficulté. Certains organismes de formation se sont spécialisés dans cette formation continue des artisans, et c’est alors tout leur business model qui est remis en cause. De nombreuses micro-entreprises, liées directement à cette formation continue, voient leur cœur d’activité menacée. La situation est inquiétante et nécessite une réponse urgente du gouvernement. C’est le message, que les artisans et le Fafcea ont voulu faire passer ces dernières semaines.

Une situation inquiétante, qui doit servir d’exemple pour la réussite du CPF ?

Si on peut légitimement supposer, qu’une solution sera rapidement trouvée à cette problématique de la  formation professionnelle des artisans, on peut aussi voir dans ces problèmes une mise en garde pour que la mise en œuvre du Compte Personnel de Formation (CPF) nouvelle génération soit une totale réussite, et notamment avec l’instauration de ce CPF de transition. Depuis le 1er janvier dernier, des décrets d’application viennent compléter la montée en puissance des nouvelles mesures, et les autorités publiques s’accordent à souligner que la réforme de la formation professionnelle en France sera achevée à l’automne prochain.

Certains organismes pointent notamment des dysfonctionnements. Si ces derniers sont naturels lors de toute réforme de cette ampleur, ils doivent néanmoins être résolus avant qu’ils ne s’aggravent. C’est tout le sens de cette crise de la formation professionnelle des entreprises artisanales. On peut raisonnablement estimer, que les autorités publiques ont retenu la leçon, et que tout sera fait pour que le CPF soit totalement opérationnel au 1er janvier 2020, date à laquelle les dispositifs transitoires disparaitront.

Et vous, nourrissez-vous quelques craintes quant à l’application du CPF dans les mois à venir ?