Les entreprises invitées à financer le CPF de leurs salariés

En monétarisant le compte personnel de formation, les autorités publiques ambitionnaient de faire de ce CPF un outil facile et accessible au plus grand nombre. Depuis quelques mois, les entreprises sont également invitées à participer à cette ambition, changeant alors la vision qu’elles peuvent avoir de la formation continue.

 

Du plan de développement des compétences à l’abondement du CPF

Se substituant depuis le 1er janvier 2019 au plan de formation, le plan de développement des compétences englobe, au sein d’une même entreprise, l’ensemble des actions de formation à destination des collaborateurs. Outre les formations obligatoires et celles dédiées à l’adaptation du collaborateur à son poste de travail, l’entreprise est également incitée à promouvoir la montée en compétences de ses collaborateurs.

Pour y parvenir, l’entreprise peut organiser des formations en intra ou inter-entreprise, mais peut aussi diversifier son plan entre le présentiel et le e-learning. Elle peut aussi inclure dans sa stratégie des formations en situation de travail (FEST).

Depuis deux ans, les entreprises se sont mobilisées pour déployer leurs efforts, d’autant plus que ce plan de formation en interne participe aussi, dans un certain nombre d’entreprises, à la politique en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). En offrant la possibilité à ses collaborateurs de monter en compétences ou d’acquérir des savoir-faire sans lien direct avec la fonction occupée, l’entreprise démontre alors sa vision généreuse et ambitieuse de l’avenir. Une récente décision donne même la possibilité à ces mêmes acteurs économiques d’aller encore plus loin.

Choisir sa formation pour renforcer son employabilité, une ambition vouée à l’échec ?

En parallèle du plan de développement des compétences des entreprises, qui peut concerner tout salarié, chaque collaborateur a également la possibilité de suivre ses propres voies en mobilisant son Compte Personnel de Formation (CPF). Ce dernier pourra également permettre à chacun d’initier un processus de reconversion professionnelle, grâce au CPF de transition.

Aussi louable que soit la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, elle se heurte cependant à l’insuffisance des droits acquis par les salariés au regard du coût de chacune de ces formations continues. Ainsi, selon les chiffres officiels, à la fin de l’année 2020, le solde moyen d’un CPF était de 1280 euros quand le coût moyen d’une formation s’établissait à 2133 €. Bien souvent, un financement extérieur s’impose alors comme nécessaire pour les salariés, rendant le dispositif moins séduisant qu’il ne fut présenté.

 

La co-construction du Compte Personnel de formation, un changement de dimensions pour les entreprises

Des dispositifs d’aides financières ont été mis en place pour subvenir aux besoins particuliers des demandeurs d’emplois ou à celles et ceux, évoluant dans une société placée en redressement judiciaire notamment. Mais pour que ce droit à la formation tout au long de sa vie professionnelle ne soit pas une vaine promesse, les autorités publiques ont initié un changement depuis le début du mois de septembre 2020.

Depuis le 3 septembre dernier, les entreprises peuvent désormais abonder le CPF de leurs collaborateurs, quand la situation l’exige. Cette possibilité donne un nouveau rôle à l’entreprise, qui peut alors s’engager plus activement dans une démarche citoyenne et orientée RSE. Aider ses collaborateurs à acquérir les compétences souhaitées, même si ces dernières ne sont pas en lien direct avec celles recherchées par l’entreprise. C’est un changement de paradigme pour les DRH, qui voient par ce biais la capacité d’augmenter, de manière indirecte, leur budget formation.

Les ambitions de cette évolution du CPF sont affichées et transparentes , comme le résume le directeur des retraites et de la solidarité à la Caisse des dépôts (CDC), M Michel Yahiel :

 

« Cette nouvelle possibilité permet d’offrir un équilibre entre l’autonomie du salarié dans le choix de ses formations et le rôle de l’entreprise dans la montée en compétences de ses collaborateurs »

 

Cela permet ainsi à l’entreprise d’afficher une action désintéressée tout en faisant gagner en compétences ses collaborateurs, et de nombreuses entreprises devraient donc s’emparer de cette possibilité, qui exige néanmoins un changement des habitudes. En 3 mois, seules 1500 entreprises avaient eu recours à cette nouvelle possibilité pour environ 2700 salariés. Mais les autorités publiques veulent croire que ce démarrage poussif ne reflète qu’une période consacrée à la prise de conscience, et tous veulent croire que 2021 sera l’année de la consécration pour la co-construction entreprise/salarié du CPF.

 

Et vous, pensez-vous aussi que cette nouvelle possibilité offerte aux entreprises puisse transformer le marché de la formation continue ? Et rendre le CPF plus séduisant aux yeux des salariés 

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