Alors que vous pouvez désormais financer la totalité d’un parcours VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) avec votre Compte Personnel de Formation (CPF), une menace pèse sur le financement du bilan de compétences. Deux actions de formation incontournables avec une approche radicalement différente de la part des pouvoirs publics.
Les dispositifs de formation professionnelle apparaissent aussi nombreux que variés. Des actions courtes à la reprise d’études, de la préparation opérationnelle à l’emploi (POE) à la certification professionnelle, chaque action de formation vise à renforcer l’employabilité des apprenants, tout en répondant aux besoins des entreprises. Les formations continues dans le domaine du digital et plus généralement de l’informatique (besoins liés à la transformation numérique de nos sociétés) ou pour tous les métiers en lien avec la protection environnementale au sens large (accompagnement de la nécessaire transition écologique). Deux dispositifs distincts méritent alors toute l’attention des futurs apprenants :
- La validation des acquis de l’expérience (VAE)
- Le bilan de compétences.
La VAE, un parcours davantage reconnu pour se former en continu
Existante depuis longtemps, la validation des acquis de l’expérience (VAE) offre la possibilité à tout actif, indépendamment de son statut (salarié, recherche d’emploi, profession indépendante, …) de faire reconnaitre officiellement son expérience. Le parcours doit alors permettre à l’apprenant d’obtenir un diplôme ou un titre professionnel. Il faut souligner que les titres certifiés au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) sont les mêmes qu’ils soient obtenus par le biais d’une formation conventionnelle ou par le biais de la VAE. En 2022, les autorités publiques ont voulu faire de ce parcours un axe fort de la formation continue. Il s’agit en effet d’un dispositif répondant à un intérêt général : accroitre le nombre de profils, attestant des compétences les plus attendues aujourd’hui par les entreprises. Ainsi, dans le domaine du digital, de nombreux professionnels ont acquis des savoir-faire et des compétences, liées notamment à la multiplication de plus en plus rapide des innovations, à travers leur expérience professionnelle. Il est essentiel pour eux de pouvoir officialiser cette montée en compétences, ain qu’elle soit opposable à toutes et tous. C’est l’objectif affiché de la Validation des Acquis de l’Expérience.
Un parcours VAE désormais entièrement finançable par le CPF
Les efforts engagés dans cette voie commencent aujourd’hui à porter leur fruit. Les entreprises comme les apprenants peuvent désormais accéder à l’ensemble des ressources mais aussi à la possibilité d’initier leur projet directement en ligne à travers un portail unique : France VAE. Cela doit permettre de simplifier le parcours, qui était jusque-là complexe et peu accessible. Une autre problématique se révélait récurrente en matière de VAE : le financement du parcours.
En effet, une grande partie des candidats initiait à leur seule initiative ce parcours, et devait donc assumer le financement intégral du coût de la VAE. Deux grandes catégories de coût caractérisent cette voie originale de formation :
- Les frais liés à la rédaction des dossiers et éventuellement les frais d’accompagnement,
- Les frais de jury obligatoires exigibles pour tous les candidats.
Jusqu’à maintenant, seuls les premiers (c’est-à-dire les frais d’accompagnement) pouvaient être financés par le Compte Personnel de Formation du candidat. Depuis le décret du 18 juillet 2025, le candidat peut également financer, via les droits cumulés sur son CPF, les frais de jury. En d’autres termes, l’intégralité du coût de la VAE peut donc être financé par le Compte Personnel de formation. Une évolution qui devrait permettre de satisfaire à de nouveaux demandeurs et donc permettre d’atteindre l’objectif affiché du gouvernement : favoriser l’emploi, la progression salariale et l’élévation des qualifications.
Le bilan de compétences, un socle pertinent pour élaborer son parcours de formation
De son côté, le bilan de compétences apparaît souvent comme l’action de formation marquant le début d’un parcours (plus ou moins long) de formation. Comme son nom l’indique, ce bilan doit permettre de dresser le bilan des compétences acquises, des savoir-faire acquis, mais aussi de vos envies (d’évolution professionnelle principalement). Sur la base de ce bilan, de nombreuses opportunités peuvent alors se dévoiler. C’est souvent une étape indispensable que ce soit pour renforcer votre employabilité, pour envisager une évolution ou initier un projet de transition professionnelle. Il s’agit bien d’un dispositif, dont l’objectif principal consiste à mieux se connaitre et à mieux se définir et se positionner quant à son avenir professionnel.
Ce bilan de compétences est réalisé avec l’aide d’un accompagnant spécialisé, et nécessite le respect de 3 phases distinctes :
- La première de ces phases consiste à identifier précisément vos besoins, et cibler les méthodes et les techniques à privilégier pour mener à bien ce dernier,
- La phase d’investigation consistera à l’analyse de vos motivations, de vos envies mais aussi de vos compétences déjà acquises. Lors de cette phase, de nombreuses idées d’opportunités professionnelles peuvent émerger
- La phase finale se concentrera sur l’élaboration de votre projet professionnel, un projet qui détaillera les différentes étapes de sa mise en œuvre et un projet qui devra apparaître, aux yeux de votre bilan, réaliste
Le bilan de compétences est considéré comme une véritable action de formation, et peut à ce titre, vous permettre de bénéficier d’un congé dédié. En 2024, 80.000 actifs ont utilisé une partie de leur Compte Personnel de formation pour engager une telle action. Cela représente moins de 6 % de l’ensemble des actions financées par ce biais. Le coût moyen d’un bilan de compétences, selon les chiffres officiels de la plateforme Mon Compte Formation, s’établissait pour l’année 2024 à 1946 €. Les demandeurs d’un tel bilan de compétences ne devaient donc régler que la participation forfaitaire instaurée en 2024 d’un montant de 102.23 €.
Si le bilan de compétences est qualifié, par de très nombreux acteurs spécialisés en la matière, très utile pour optimiser les fluidités professionnelles et renforcer les parcours de chacune et de chacun, il risque néanmoins d’être la victime de la rigueur budgétaire, imposée par l’époque et la situation politique complexe du moment. En effet, le projet de loi budgétaire prévoit d’exclure ce bilan de compétences des actions finançables par le CP. Une mesure d’économie, qui, selon les mêmes experts, aggraverait les inégalités professionnelles, rendant in fine cette action de formation inaccessible aux actifs les plus démunis.






